COVID-19 en Belgique: comparaison des deux premières vagues

17/11/2020 – La deuxième vague de contaminations au virus COVID-19 en Belgique a atteint son apogée, enfin, et les différents indicateurs sont tous à la baisse. Il faut espérer que cette inversion de tendance se poursuive.

Les données du site sciensano.be [1] montrent que la deuxième vague a atteint des pics plus élevés que la première du printemps 2020. Les personnes admises à l’hôpital pour cause de COVID-19 par jour ainsi que les patients en soins intensifs ont été plus nombreux, mais heureusement il y a eu moins de décès par jour.

La décroissance est certainement attribuable aux changements de comportement des personnes en société, en famille, au travail; changements qui ont été eux-mêmes influencés/imposés par les mesures prises par les dirigeants politiques [2]. Ce sont les décisions politiques, comme celle de mettre la population en confinement, qui conditionnent le plus nos comportements et nos agissements quotidiens, bien plus que tout autre facteur (la connaissance, les croyances, les relations,…). C’est pourquoi je me suis posé la question est-ce que nos dirigeants ont pris les bonnes décisions au bon moment pour tenter de contenir la deuxième vague?

Intuitivement, je pense que nos dirigeants n’ont pas pris les décisions au bon moment avant et pendant la deuxième vague, et que des morts auraient pu être évités. Pour confirmer ou pas mon intuition, j’ai décidé de comparer les deux vagues et de coller dessus le moment où les importantes décisions politiques ont été prises.

Les décisions politiques

D’abord, le système décisionnel pour tout ce qui touche à la santé est compliqué en Belgique, très compliqué. Les compétences de santé y sont éclatées entre les différents ministres des gouvernements du fédéral, des régions et/ou communautés. Ce que l’on appelle la lasagne institutionnelle belge est en fait un spaghetti (un foutoir?). J’ai tenté de l’illustrer sans y parvenir:

La lasagne institutionnelle de la santé en Belgique

Les différents gouvernements ont pris des mesures chacun à leur tour et ont donné autant de conférences de presse pour les communiquer. C’est ainsi qu’on a eu droit à un triste festival de conférences de presse au mois d’octobre: d’abord le gouvernement fédéral avec un renforcement des mesures le 6/10, puis des mesures plus dures le 16/10, puis des mesures encore plus strictes le 23/10 au matin, les gouvernements de Wallonie et de la Fédération Wallonie-Bruxelles adoptent des mesures plus strictes ce même 23/10 après-midi, la région de Bruxelles prend ses mesures un jour après le 24/10, le gouvernement flamand adopte ses mesures le 27/10, et finalement le gouvernement fédéral décrète le deuxième confinement le 28/10. Le manque de coordination a été… flagrant. Cela est venu s’ajouter à une communication souvent confuse. Un problème rencontré depuis la première vague, avec par exemple le port du masque conseillé, puis rendu obligatoire, pas partout ici mais partout la-bas, tout le temps ou à certains moments selon la région, puis à nouveau conseillé puis à nouveau obligatoire selon la région. Même chose pour les cours à distance dans l’enseignement, la fermeture des commerces, les horaires du couvre-feu, etc.

J’ai placé les événements principaux qui se sont succédés en Belgique sur une ligne du temps (impossible de tous les mettre, mais indiquez-moi si quelque chose d’important manque):

Les deux vagues

Pour comparer les deux vagues, je me suis limité à 3 indicateurs journaliers avec 1) le nombre d’admissions à l’hôpital, 2) le nombre de patients en soins intensifs, et 3) le nombre de morts. Ce sont les seuls indicateurs qui soient assez comparables entre les deux vagues. Les autres indicateurs comme le nombre de cas et celui des tests effectués ont trop changé au cours du temps selon la stratégie de testing adoptée.

Dans le graphique ci-dessous, la vague du printemps 2020 est encadrée en bleu et la vague de l’automne 2020 en orange:

J’ai ensuite rapproché les courbes en les faisant glisser sur l’axe horizontal jusqu’à ce que leurs sommets (= la valeur max de chaque vague) tombent le même jour:

J’ai aussi ajouté le taux de reproduction, Rt (ou R0), sous les graphiques des 3 indicateurs. Sur la ligne du temps ci-dessous, la couleur orange (la plus claire) indique un Rt inférieur à 1, la couleur rouge indique un Rt supérieur à 1, la couleur noire (la plus foncée) indique un Rt supérieur à 2. J’ai utilisé la tonalité, de clair à foncé, pour le RT dans les graphiques de comparaison des courbes.

Comparaison des deux vagues

Voici les visualisations qui comparent les deux vagues de printemps et de l’automne 2020 pour 1) le nombre d’admissions à l’hôpital, 2) le nombre de patients en soins intensifs, et 3) le nombre de morts. Les courbes ont leurs sommets alignés sur le même jour et les décisions de mesures importantes sont situées à leur date respective selon la vague.

1. Comparaison des admissions à l’hôpital

COVID-19 en Belgique: comparaison des deux vagues: Les admissions à l'hôpital

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2. Comparaison des patients en soins intensifs

COVID-19 en Belgique: comparaison des deux vagues: Les patients en soins intensifs

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3. Comparaison des morts

COVID-19 en Belgique: comparaison des deux vagues: Les morts

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Conclusions (qui n’engagent que moi):

Je dis BRAVO, chapeau bas, respect, au personnel médical en hôpital, aux professionnels de la santé et au personnel des maisons de repos. Moins de personnes sont décédées par jour grâce à eux lors de la deuxième vague. Ils l’ont fait malgré la fatigue, le stress, la peur, et le manque de resources, alors qu’ils ont eu plus de patients à traiter que pendant la première vague. Je ne suis pas expert, mais mon explication simpliste est qu’ils ont appris les leçons de la première vague. Ils ont développé et amélioré leurs protocoles afin de mieux combattre le virus. Merci infiniment à Vous tous!

Je ne dis PAS BRAVO au monde politique belge. Ni à l’actuel qui a dû gérer la crise sanitaire, ni aux précédentes générations de politiciens qui nous ont légué ce système institutionnel et décisionnel. La complexité du système a donné lieu à une belle cacophonie pour communiquer les décisions anti-covid.

« il manque des structures claires [dans le système de santé belge] où on sait qui est responsable pour quoi. Le système belge a aussi contribué à la 2ème vague. » – Jan De Maessener, Professeur émérite de médecine de famille à l’université de Gand [3].

Sans parler de la communication confuse des mesures lors de certaines conférences de presse. Cela a non seulement contribué à éroder l’adhésion de la population aux mesures [4] mais cela a aussi augmenté la défiance à l’égard des institutions et alimenté la propagation des théories conspirationnistes [5]. Mais les décisions ont-elles été prises au moment opportun, au moins cela, pour freiner la montée des courbes? Surtout lors de la deuxième vague de l’automne? Le doute est permis quand on compare les deux vagues.

A la première vague du printemps, le virus nous a touché presque par surprise. L’inconnu et l’incertitude étaient totals et le monde politique et surtout médical ont du réagir en mode gestion de crise. Rétrospectivement, on constate que le premier confinement de la Belgique a été décidé tôt par rapport aux sommets de la vague, alors que les chiffres étaient encore relativement bas.

Après la première vague, les scientifiques ont alerté le monde politique et nous les citoyens qu’une deuxième vague allait arriver. Forts de l’expérience de la première, on aurait pu s’attendre à ne plus être pris par surprise, ni de devoir réagir en mode gestion de crise, et qu’une stratégie allait être mise en place par le politique pour mieux anticiper. Non seulement ce ne fut pas le cas, mais la situation dans les hôpitaux a été pire! Rétrospectivement, on constate que le deuxième confinement de la Belgique a été décidé très tard par rapport aux sommets de la vague, alors que les chiffres étaient déjà relativement hauts, déjà plus hauts que ceux de la première vague (sauf pour le nombre de décès qui est heureusement resté inférieur, les politiciens n’en ont pas le mérite). Même les mesures restrictives prises avant le deuxième confinement l’ont été quand les chiffres étaient déjà bien supérieurs à ceux de la première vague.

L’évolution du taux de reproduction Rt confirme également le retard des décisions qui auraient pu le faire baisser pendant la deuxième vague. La comparaison des deux vagues montre qu’il est repassé sous la valeur de 1 plus rapidement pendant la première vague que dans la deuxième alors qu’il partait de valeurs supérieures à 2.


Sources d’information:

Références:

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Burnout, comment j’ai évité de tomber dans le précipice

Read the English version.

Je voudrais partager mon expérience personnelle sur comment j’ai évité de justesse de tomber au fond du précipice du burnout. Sans vouloir donner de leçons à quiconque, j’espère que mon histoire pourra aider d’autres personnes à prendre conscience de leur état afin d’éviter de finir au fond du trou.

C’est en participant à un atelier avec le Dr. Mee-Yan Cheung Judge sur The Use of Self que le déclic salvateur s’est déclenché en moi. Deux jours de plongée en profondeur sur l’utilisation du Soi et de la Présence m’ont obligés à me mettre à nu devant mon miroir interne. C’est surtout durant les exercices que j’ai réalisé combien j’étais mal mentalement et physiquement et à quel point je me le cachais à moi-même. Deux ans que je descendais cette pente dangereuse au travail, et au privé aussi dernièrement, sans vouloir me rendre compte de l’évidence. Je ne citerais pas ici les causes qui m’ont amenées à cette descente vers l’enfer, chacun de vous les déduira facilement par ce qui suit ou bien y entreverra les siennes.

The use of Self - sketchnotes

« L’utilisation du Soi est l’élément clé de l’efficacité avec laquelle nous sommes en mesure d’exécuter avec succès nos rôles. Il repose sur notre conscience de qui nous sommes, la clarté de nos intentions, notre conscience de la situation, nos choix et notre propre gestion en agissant.» – Dr. Mee-Yan Cheung Judge

Prendre soudainement conscience de mes sensations internes que je m’efforçais de me cacher, ainsi que le déni de mon mal-être, l’illusion que tout va bien ou ira mieux demain, le manque total de compassion envers moi, tout ça a été un choc émotionnel énorme. Le choc fut d’autant plus violent que je connaissais parfaitement les symptômes et les conditions qui peuvent amener au burnout. Car je les ai approfondis, illustrés et communiqués grâce à deux spécialistes, Florence Bierlaire et Dr Marie-Pascale Simonnet.

Comment définir et identifier le burnout
Sketchnotes: Comment sortir du burnout?
Sketchnotes: Burnout et résilience

Les personnes à risque burnout, dont je fais partie, sont:

  • perfectionnistes
  • avec des valeurs et le sens d’une mission
  • enthousiastes
  • généreuses
  • motivées
  • travailleuses

Les symptômes, que je sentais et refusais d’admettre:

  • manque de vitalité
  • désillusion, désenchantement
  • perte de joie
  • sentiment d’indifférence
  • repli sur moi-même, isolement
  • cynisme
  • impatience
  • irritabilité
  • déconcentration
  • inefficacité
  • perte de sommeil
  • sentiment d’impuissance et perte de contrôle de ma vie
  • démotivation
  • anxiété
  • perte de sens au travail
  • dernier symptôme fatal que j’ai évité de justesse: effondrement et démolition

C’est en pleurant sur mon état que j’ai averti Dr. Mee-Yan Cheung Judge que je quittais son atelier bien avant sa fin. Elle m’a embrassé, félicité pour mon courage et ma prise de conscience, et souhaité que je prenne soin de moi dorénavant.

Le soir même j’étais chez mon docteur, le brave Dr Sory. Après m’avoir écouté longuement, il m’a mis au repos pour quelques semaines pour épuisement mental avancé et fortement conseillé de voir un psychologue pour suivre un traitement. Ce même soir, je dessinais ce qui venait de se passer. Avoir ouvert les yeux sur mon mauvais état grâce à l’atelier de Dr. Mee-Yan Cheung Judge, la visite chez mon docteur, et la décision de prendre soin de moi pour éviter le burnout :

When I said I don’t want burnout

Quelques temps après, j’avais le sentiment que je venais d’éviter le pire, que j’avais demandé et reçu le soutient qu’il me fallait, même si la remontée s’annonçait difficile et longue. Comme pour moi le dessin est une thérapie depuis l’enfance, j’exprime sur papier ce que je ressens, voici comment j’ai exprimé mes ressentis:

Listen to your internal sensations to avoid burnout

Les visites chez le psychologue m’ont aidé à établir une liste d’actions et de modes de pensées qui me feraient remonter la pente, lentement mais sûrement.

J’accepte:

  • Mon état d’épuisement, que je suis en traitement et que ça va durer longtemps
  • je serais fragile encore longtemps, je dois donc me préserver et être extrêmement prudent à ne pas me fier trop vite à un retour au mieux (Une rechute serait pire)
  • j’ai un seul corps et j’ai dépensé plus de ressources qu’il n’en a (identique au problème de surconsommation des ressources de notre planète)
  • je dois parler pour exprimer ce qui ne va pas et demander ce qui me fait du bien
  • Je ne peux pas faire plaisir à tout le monde en étant toujours gentil
  • je peux décevoir en disant non ou en refusant de faire quelque chose
  • Il n’y a que moi qui puisse prendre soin de moi

Je m’engage, tant que je ne suis pas revenu au top de ma santé, à:

  • Écouter les signaux de mon corps et chaque jour évaluer comment je me sens par un exercise d’introspection (15 minutes de méditation pour faire le point)
  • Réagir immédiatement le lendemain pour revenir à un niveau de bien-être acceptable, si le résultat de l’évaluation n’était pas satisfaisant

Je m’engage dés à présent et pour le futur à :

  • Reprendre le contrôle de ma vie sur ce qui est sous ma responsabilité
  • Mettre des barrières au travail pour éviter le stress permanent
  • Dire stop à la surcharge de travail, et de travailler uniquement pour les ressources d’un seul corps et un seul mental
  • Arrêter ce qui me pompe de l’énergie et qui n’a pas de sens
  • Me ressourcer régulièrement à travers ce qui me fait du bien, les marches dans la nature, le dessin, la méditation, la lecture, les voyages, la famille, etc
  • Questionner mon employeur, ma hiérarchie directe, sur ce qu’ils vont mettre en place pour que j’aille mieux. Si j’assume mes responsabilités, comment assument-ils les leurs pour prévenir mon burnout et celui des autres collègues ?
Ma remontée depuis le gouffre de l’épuisement mental

J’ai repris le travail depuis peu. J’ai reçu beaucoup d’encouragements de la part de mes collègues, beaucoup de compréhension aussi, et toujours la même constatation que le surmenage au travail et le burnout guètent de plus en plus de gens et de plus en plus souvent. De la part de ma hiérarchie directe, j’ai aussi reçu une écoute attentive, de la compréhension, des réarrangements de mon travail (Je suis, par exemple, passé d’un à deux jours de télétravail), et d’autres mesures qui devraient m’aider.
Je suis conscient que je suis encore loin d’être revenu à mon état normal de bien-être, je suis encore fragile. Je dois rester fort prudent. Mais je sais que je suis sur la bonne voie.

J’ai appris à mes dépens ce que c’est que de se croire un surhomme capable de pouvoir tout faire, vite et bien, souvent pour faire plaisir, encore plus souvent par peur de décevoir. J’ai appris que le manque de congruence au travail, le manque de sens dans trop d’activités, créent des failles qui ne font que s’agrandir en moi pour devenir un abysse. J’ai appris qu’être gentil tout le temps et avec tout le monde ne contribue pas à me respecter. J’ai appris que ne pas écouter les sensations internes de mon corps est le pire mal que je puisse me faire. J’ai appris que je suis le seul responsable de mon bien-être.

Je remercie les personnes suivantes pour m’avoir aidé, conseillé, guidé, soutenu, informé, aimé, consciemment ou pas: Dr. Mee-Yan Cheung Judge, Florence Bierlaire (psychoterapeute et amie), Dr Marie-Pascale Simonnet (Psychiatre à la Commission Européenne), Andrea Agosta (mon psychoterapeute), Dr Sory, Agnès (ma cheffe), ma famille en commençant par ma femme et mes enfants qui ont endurés des moments difficiles, mes amis et collègues.

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Burnout, how I avoided falling into the precipice

Lire la version française.

I would like to share my personal experience of how I avoided falling into the burnout. With no intention to give lessons to anyone, I only hope that my story can help others become aware of their own condition so they don’t end up on the precipice.

It was by attending a workshop with Dr. Mee-Yan Cheung Judge on The Use of Self that a click triggered in me. Two days of deep diving on the use of the Self and the Presence forced me to see myself on my internal mirror. It was especially during the exercises that I realized how much I was hurting mentally and physically, and how much I was hiding it to myself. Two years that I was on this dangerous slope at work, and lately in my private life also, without wanting to realize the obvious. I will not mention here the causes that led me to this descent into hell, each of you will easily deduce by the following or will see his own.

The use of Self - sketchnotes

Use of Self is the core element in how effective we are in successfully executing our intended roles. It is built on our awareness of who we are, clarity of our intentions, consciousness to the situation, our choices and managing ourselves purposefully in acting“. – Dr. Mee-Yan Cheung Judge

Becoming aware of my inner feelings that I was trying to hide, the denial of my malaise, the illusion that everything is fine or will be better tomorrow, the lack of compassion for me, all this was a big emotional shock. The shock was all the more violent as I knew perfectly the symptoms and conditions that can lead to burnout. Because I have deepened, illustrated and communicated these thanks to two specialists, Florence Bierlaire and Dr Marie-Pascale Simonnet.

Comment définir et identifier le burnout
Sketchnotes: Comment sortir du burnout?
Sketchnotes: Burnout et résilience

People at-risk burnout, including me, are:

  • perfectionists
  • with values and the meaning of a mission
  • enthusiastic
  • generous
  • motivated
  • workers

The symptoms I felt and refused to admit:

  • lack of vitality
  • disillusionment, disenchantment
  • loss of joy
  • indifference
  • fallback on myself, isolation
  • cynicism
  • impatience
  • irritability
  • loss of concentration
  • inefficiency
  • sleep loss
  • feeling helpless and losing control of my life
  • demotivation
  • anxiety
  • loss of meaning at work
  • last fatal symptom that I narrowly avoided: collapse and demolition

While crying I warned Dr. Mee-Yan Cheung Judge that I was leaving her workshop well before its end. She kissed me, congratulated me for my courage and my awareness, and wished me to take care of myself from now on.

The same evening I was at my doctor, the good Dr. Sory. After listening to me for a long time, he put me on long sick leave for advanced mental exhaustion with the strong advise to see a psychologist. That same evening, I drew what had just happened. Having opened my eyes on my bad condition thanks to the workshop of Dr. Mee-Yan Cheung Judge, the visit to my doctor, and the decision to take care of myself to avoid burnout:

When I said I don’t want burnout

Some time after, I felt that I had just avoided the worst. That I had asked for and then received the help and support that I needed. Even if the recovery looked difficult and long. As drawing is a therapy since childhood for me, I need to express on paper what I feel, I drew what I felt this way:

Listen to your internal sensations to avoid burnout

Visits to the psychologist helped me to establish a list of actions and ways of thinking that would take me back slowly but surely.

I accept:

  • My exhaustion state, being on treatment and that it will last a long time
  • I will be fragile for a long time, so I must protect myself and be extremely careful. Not to trust an apparent quick return to feeling better (a relapse would be worse)
  • I have one body and I have spent more resources than it has (identical to the problem of overconsumption of our planet’s resources)
  • I must say loudly what is going wrong and ask for what makes me feel good
  • I cannot please everyone by always being nice
  • I can disappoint by saying no or by refusing to do something
  • I am the only person who can take care of myself

I pledge, as long as I am not back to the top of my health, to:

  • Listen to the signals of my body and every day evaluate how I feel thanks to introspection (15 minutes of meditation)
  • React immediately the day after to return to an acceptable level of well-being, if the result of the evaluation was not satisfactory

I commit myself now and for the future to:

  • Take back control of my life on what is under my responsibility
  • Put barriers at work to avoid permanent stress
  • Say stop to work overload, only work for the resources of one body and one mind
  • Stop what pumps me energy and makes no sense
  • Regularly regenerate myself through what makes me feel good, walks in nature, drawing, meditation, reading, traveling, family, etc.
  • Ask my employer, my direct hierarchy, what they will put in place for me to go better. If I assume my responsibilities, how do they assume theirs to prevent my burnout and burnout of other colleagues?
Ma remontée depuis le gouffre de l’épuisement mental

I returned to work recently. I received a lot of encouragement from my colleagues, understanding as well, and always the same observation that burnout risk at work is increasing for more and more people and more and more often. From my direct hierarchy, I have also received attentive listening, understanding, rearrangements of my work (I have, for example, gone from one to two days of teleworking), and other measures that should help me.
I am aware that I am still far from being at my normal state of well-being, I am still fragile. I must remain very careful. But I know that I am on the right track.

I learned at my expense what it is to believe being a superman who can do everything, quickly and well, often to please, even more often for fear of disappointing someone. I learned that the lack of congruence at work, the lack of meaning in too many activities, create cracks that only get bigger in me to become an abyss. I learned that being nice all the time with everyone does not help to respect me. I learned that not listening to the internal sensations of my body is the worst thing I can do. I learned that I am the only one responsible for my well-being.

I thank the following people for having helped me, advised, guided, supported, informed, loved, consciously or not: Dr. Mee-Yan Cheung Judge, Florence Bierlaire (psychotherapist and friend), Dr. Marie-Pascale Simonnet (Psychiatrist at the European Commission), Andrea Agosta (my psychotherapist), Dr. Sory, Agnès (my boss), my family starting with my wife and my children who have endured hard times, my friends and colleagues.

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Le sens émerge dans le câlin du silence

Si vous aimez la musique, vous n’êtes pas sans savoir que le silence en constitue un élément important, autant que les notes.

Le silence musical est une valeur temporelle qui permet, en musique tonale, de séparer et de différencier les sons afin de mettre en exergue leurs relations.” – universalis.fr.

Comme ses soeurs les notes sonores, le silence possède une transcription dans la notation musicale. Pour être précis, il existe 7 différentes durées du silence qui correspondent aux 7 figures de notes. Ce sont la pause, la demi-pause, le soupir, le demi, quart, huitième, et seizième de silence.

Un peu comme le silence en musique, le silence me permet de séparer le brouhaha dans ma vie quotidienne. C’est lui qui différencie le bruit ambiant du sens. “Je vois ce que tu veux dire“. Sa durée et sa qualité me permettent de sculpter, de verticaliser, d’approfondir ce qui précède, la phrase, le sens.

Le silence dans une conversation, c’est comme les blancs dans la page d’un livre, les ombres dans un paysage, la longueur d’un vin. Plus il est long et plus la perspective change. J’entends, je comprends et assimile différement ce qui m’est dit. L’important n’apparait vraiment que dans le silence. Le sens émerge dans le câlin du silence.

Mais quand le silence prend le dessus sur le son, quand l’équilibre de la balance entre les deux s’inverse, alors j’entre dans une autre temporalité. J’entre dans la méditation, dans le royaume du silence, dans l’univers entier. Ce qui est important et ce qui est vrai envahissent l’espace autour et en moi. Mon égo se rétracte pour laisser s’épanouir qui je suis vraiment.

Cette réflexion sur le silence et son rapport au son, à la musique, à la vie, découlent de ma rencontre avec Jean-Paul Dessy  à l’Arsonic de Mons en Décembre 2017. L’Arsonic offre dans sa “Maison de l’Écoute” un espace dédié à l’écoute fine et intime de la musique, et avec sa Chapelle du silence un espace de recueillement et havre de silence où reposer son esprit et ses oreilles. Non pas que je découvrais le silence, loin de là, car lui et moi sommes intimement liés depuis ma tendre enfance. Mais Jean-Paul y a apporté une coloration, ou plus tôt une sonorité particulière. En tant que violoncelliste, compositeur, chef d’orchestre, et concepteur de l’espace Arsonic, Jean-Paul a des mots qui résonnent très forts sur ceux qui aiment le silence:

“Pour se reconnecter à la part la plus silencieuse, la plus paisible et la plus heureuse de nous-même, il faut du temps. Il faut s’offrir du temps. Il faut offrir du temps à la musique. On accède alors à un autre espace, à une autre temporalité, à un autre espace-temps. L’Arsonic a été conçu comme un temple du non mental, du non espace-temps horlogé. Il permet d’entrer dans une dimension plus large de nous-mêmes.”

Jugez-en par vous-même:

Inspiré par Jean-Paul Dessy et le silence

Notes:
J’ai visité l’Arsonic dans le cadre d’une visite de sites à Mons qui ont bénéficié des fonds Européens (FEDER). Subjugué par l’endroit, j’y suis resté quelques heures alors que mon groupe poursuivait son parcours de visite dans la ville. J’ai entendu par trois fois Jean-Paul Dessy accueillir des visiteurs et ensuite les gratifier de ce morceau à son violoncelle ami (que j’ai filmé avec mon téléphone à la troisième et dernière fois). Entre chaque visite, je me suis cloîtré, seul, dans la Chapelle du silence où j’ai médité et esquissé le dessin. Entre Jean-Paul et moi s’est tissée une belle entente basée sur des valeurs communes. Que de sens ce jour là.

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